Présentation

Dimanche 6 janvier 2008

Nous ne revenons pas ici sur le personnage auquel Mody Niang consacra son essai phare, intitulé «Qui est cet homme qui dirige le Sénégal ?». En sept chapitres documentés, Niang plancha, avec compétence et rigueur, sur le «président vraiment spécial» porté au pouvoir pour incarner l’«espérance collective» des Sénégalais. On connaît la suite. Edité à Paris, l’ouvrage, censuré au Sénégal, est non seulement très peu connu du grand public mais il échappa surtout à la critique des «intellectuels» qui, prétextant une soudaine coalition anti-Ape, feignent d’oublier l’épisode de l’interdiction de l’œuvre par l’actuel régime. Grands colporteurs de slogans, au nom d’une union sacrée pour défendre l’Afrique et les Africains, ces intellectuels-là refusent maintenant d’extirper du discours anti-Ape de leur parrain les germes, à peine dissimulés, du lâchage dont ils feront l’objet et de l’échec auquel les mêmes germes conduisent inexorablement.

De quoi s’agit-il ? Si les Accords de partenariat économique (Ape) entraient en vigueur en janvier 2008, ils consacreraient le nouveau régime commercial entre 79 pays ACP (48 d’Afrique, 16 des Caraïbes et 15 du Pacifique) et l’Union européenne. Le Sénégal, comme 39 autres pays ACP, fait partie des Pays les moins avancés (Pma). Ces derniers sont les seuls à pouvoir bénéficier de préférences commerciales qui ne s’appliquent pas à l’ensemble des pays en développement et qui ne soient pas réciproques. La précision est importante puisque les concessions violent les règles multilatérales édictées par l’Organisation mondiale du commerce (Omc). Manifestement, aucune coalition sénégalaise Anti-Ape autour du président Wade ne peut s’opposer avec succès à la mise en conformité du régime commercial ACP-UE avec les règles multilatérales sans l’apport des coalitions d’au moins 39 autres pays. Cet apport est d’autant plus nécessaire que l’introduction de la réciprocité des concessions commerciales entre les partenaires passe par la négociation d’accords de libre-échange visant la circulation, dans un «délai raisonnable», des produits sans obstacles tarifaires ou non tarifaires. 

Quand un grand nombre de généraux montent au front, la conduite concertée des opérations, face à un négociateur redoutable de la taille de l’Europe, est indispensable. Aucun général ne devrait donc agir seul. Or, commente un conseiller du secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération, présent au dernier sommet UE-Afrique de Lisbonne, «la question avec Wade, c’est que lui-même ne semble pas savoir ce qu’il veut. Une fois il dit : "nous ne voulons pas". Ensuite, il dit que "chacun est libre de faire ce qu’il veut". C’est normal que même les Africains ne s’y retrouvent pas avec lui». Libre de faire ce qu’elle veut, la Côte d’ivoire peut-elle être accusée de trahison de la région ouest-africaine ? Bien sûr que non ! «Pour préserver ses intérêts majeurs», Abidjan a accepté, le 7 décembre dernier, de conclure un accord économique, dit d’étape, avec l’Europe. Pays non-Pma, le partenaire ivoirien ne bénéficie pas de la même concession que le Sénégal. Bruxelles évalua « à 700 millions d’euros par an, le montant des taxes qu’Abidjan [payerait] sur ses exportations (…) en l’absence d’accord». Pendant ce temps, « les pays les plus pauvres – [dont fait partie le Sénégal] - bénéficient, dans leurs relations avec l’Europe, de ce qu’on appelle "Tout sauf les armes". C’est-à-dire qu’ils peuvent exporter tout ce qu’ils veulent (…), sans quota ni taxe, ce qui est environ 90 à 95 % de leurs produits». Et la Stratégie de croissance accélérée (Sca), claironnée au Sénégal, ne s’oppose pas à la libéralisation du commerce. «Avec une croissance de 5 ou 6 %, le Sénégal fera encore partie des pays les moins avancés en 2015». C’est pourquoi la Sca «vise la consolidation d’un taux de croissance de 7 à 8 % (…), la diversification de ses sources par des secteurs à impact social élevé, et l’éradication de la pauvreté». Aucun profane ne s’opposerait à une telle «évidence». Mais en s’appuyant, pour l’essentiel, sur les «grappes de croissance» que sont l’agriculture et les produits de la mer, la Sca risque bien d’aggraver la faible productivité des sols et le tassement drastique des ressources halieutiques. Une chose au moins est sûre : la Sca, si elle se concrétisait, accélèrerait l’arrimage du Sénégal à la mondialisation néo-libérale. Pour l’UE, c’est le passage obligé pour l’insertion de l’Afrique dans l’économie mondiale. La méthodologie de la Sca séduirait même les milieux d’affaires au Mali et au Gabon. 

En dépit des nuances entre pays, une issue existe qui doit tenir compte de l’appartenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Le Togolais Anani Joseph Koudoyer a très tôt déploré le fait que «la commission [économique de l’Uemoa] continue de prendre des décisions touchant de près la vie des entreprises, en ignorant royalement [la Fédération des organisations patronales de l’Afrique de l’Ouest (Fopao)]». M. Koudoyer, qui a assuré la présidence tournante de la Fopao entre 1996 et 1998, laissait entendre que «si l’Europe a réussi son projet d’intégration, c’est surtout grâce à son secteur privé, à ses grandes entreprises et à l’accord sur le charbon». La signature, par près d’une centaine d’industriels d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale (Côte d’Ivoire, Rdc, Burkina Faso, Sénégal, Madagascar, Mali, Cameroun, etc.), de la pétition, contre les Ape, lancée par l’Association industrielle africaine (Aia), conforte la réflexion prémonitoire de M. Kudoyer. Elle montre surtout les limites du parrainage auquel s’arc-boutent les activistes sénégalais anti-Ape (intellectuels défraîchis, parlementaires inopinés, présidents prébendiers de conseils d’administration, etc.). 

«Croyant en la mondialisation, nous avons voulu diversifier nos partenaires, ouvrir nos marchés. Mais nous avons été obligés de suspendre la décolonisation de notre économie. Le fusil sur la tempe, nous avons dû marquer un temps d’arrêt», avoue, en septembre 2004 déjà, un haut cadre ivoirien. Ces propos, colportés par Le Monde diplomatique, sont révélateurs de la solitude de ceux qui se faisaient passer, sous Gbagbo, pour les «nouveaux maîtres» d’Abidjan en ignorant l’Uemoa. Si le parrain Abdoulaye Wade voulait vraiment éviter la précipitation pour permettre à l’Afrique de profiter d’un nouveau rapport de force favorable au début de nouvelles négociations, il devrait, avec l’aide de la coalition nationale «Non aux Ape» abandonner l’idée d’un leadership que ses pairs risquent de lui contester. La réussite est à ce prix si l’on ne veut pas que l’Union européenne casse la dynamique de l’Union africaine en négociant avec chacune des quatre sous-régions africaines que sont l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), l’Afrique centrale (Cemac), l’Afrique australe (Sadc) et l’Afrique de l’Est (Eac). Qui d’autre que ceux qui créent les richesses en Afrique plancheraient mieux sur les «règles d’origine pour les exportations vers l’UE» ? Renégociées, ces «règles (…) garantissent que l’accès préférentiel [au] marché [européen] profite» à l’Afrique plutôt qu’à d’autres parties du monde. Les principaux intéressés définiront mieux que quiconque la part du commerce général que l’Afrique ne va pas libéraliser et «le calendrier de démantèlement tarifaire». Les mêmes sauront choisir les «produits sensibles [qui] vont déroger aux principes de suppression des droits de douane» et ceux d’entre eux auxquels doivent s’«appliquer des mesures de sauvegarde spécifiques permettant de réagir lorsque les importations posent problème malgré le maintien du droit de douane». Un moyen, parmi d’autres, de contrer les subventions octroyées aux producteurs européens au détriment de ceux d’Afrique. Le parrainage abusif risque aussi d’écarter les chefs d’entreprises des nouvelles négociations sur «les obstacles techniques au commerce, les normes, les mesures d’accompagnement, la propriété intellectuelle, les marchés publics, la libéralisation des services, etc.» 

Sur tout le reste (situation politique, économique et sociale du Sénégal, aménagement du territoire, succession à la tête du parti et de l’Etat, etc.), les intellectuels anti-Ape troquent les intérêts du peuple dépossédé contre les dividendes politiques du prince recruteur. Certains d’entre eux ne servent plus à rien. En s’affichant avec Wade, au nom d’une coalition Anti-Ape en trompe-l’œil, ils se trompent de stratégie. Mais c’est plutôt cela qui leur permet d’assouvir leur dessein inavoué. Sur France 24, Wade, cité par le très élogieux Asse Gueye dans les colonnes de Walfadjri, désigne ses amis : «Vous savez, dit-il, ce sont de bons amis, à l’Union européenne, ce sont de très bons amis, libéraux, par-dessus le marché, mais cette fois-ci, vraiment, je pense qu’ils s’y prennent mal». C’est qu’Abdoulaye Wade n’est pas un altermondialiste. Rien que pour donner l’illusion de jouer dans la «cour des grands», il participe chaque année au Forum économique mondial (Fem) de Davos. Depuis mars 2000, il ne rate aucune occasion de railler les hommes et les femmes qui, défendant un point de vue différent, jettent leur dévolu sur le Forum social mondial (Fsm) dont Nairobi abrita la septième édition pour mettre en lumière «l’Afrique et son histoire ininterrompue de lutte contre la domination étrangère, le colonialisme et le néocolonialisme». Au Kenya, l’un des 9 «objectifs d’action» des vrais opposants à la mondialisation néo-libérale était de «construire des structures et institutions politiques réellement démocratiques garantissant la participation de la population aux prises de décision et au contrôle des affaires publiques et des ressources». Au Sénégal, la cabale, à rebondissement, contre l’actuel président de l’Assemblée nationale, pour contenter son fils en affligeant celui d’autrui, montre que le président sénégalais ne cheminera pas longtemps avec les anti-Ape sincères qui ne font qu’un groupe avec les altermondialistes. Un parrainage porteur et durable suppose, de la part d’Abdoulaye Wade, un changement radical de cap plutôt improbable. Peut-on encore débattre sereinement de tout cela? «En l’absence de normes absolues ou transcendantes», c’est sur le débat, et en particulier le débat sur les relations Afrique-Europe, que doivent reposer les décisions fondamentales. Mais l’«usage public de [la] raison» «suppose l’existence d’individus relativement autonomes (…), capables de se faire leur opinion, "non-aliénés aux discours dominants", croyant aux idées et à l’argumentation, et pas seulement à l’affrontement (…)».

Par Abdoul Aziz DIOP - Publié dans : Chronique nationale
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Lundi 29 octobre 2007

 

Pour l’analyse de contenu d’un discours fleuve de politique générale comme celui prononcé, le lundi 17 septembre 2007, à l’Assemblée nationale, par le Premier ministre Hadjibou Soumaré, une méthode s’impose, qui tienne compte du contexte actuel de crispation politique, d’incertitudes économiques et de régression sociale pour cause, notamment, de vie chère et de recul des solidarités traditionnelles, largement grugées par une pseudo-culture urbaine qui donne à ceux qui s’en sortent encore mieux l’illusion d’être différents des autres. La méthode d’analyse retenue permet de savoir si, oui ou non, le discours de M. Soumaré annonce l’éclosion d’une société plus démocratique et plus juste. Grâce à la méthode, les pièges et les illusions du discours sont débusqués. La méthode permet enfin de déterminer les conditions dans lesquelles le pouvoir choisirait de dialoguer pour promouvoir les réformes acceptables pour tous.

 

«Le Gouvernement s’évertuera à approfondir l’État de droit en veillant au respect des droits humains, à la garantie de la libre expression des libertés individuelles et collectives, au renforcement de la démocratie participative et à une justice équitable et accessible», laissa entendre le Premier ministre Soumaré vers la fin de son discours. L’engagement est clair, mais il ne semble pas avoir été entendu par les députés de la Coalition Sopi. Deux d’entre eux, Doudou Wade et Abdoulaye Babou, exigèrent du «technocrate» une métamorphose politicienne lui permettant de lyncher ceux de leurs concitoyens qui refusent encore de reconnaître leur assemblée et d’interdire les partis politiques qu’ils dirigent. C’est que les deux députés sont persuadés que ni le président Wade, ni son Premier ministre, peu bavard en matière de démocratie, n’ont l’intention de respecter tous les droits constitutionnels d’une véritable opposition politique qui, à défaut de pouvoir faire obstruction contre le vote de lois scélérates, se contenterait de quelques retouches nécessaires quand certains choix de politique intérieure heurtent la conscience des honnêtes gens.

Considérée comme une kyrielle de «désaccords entre élites et contre-élites au sujet des principes fondateurs (…) susceptibles de mobiliser une commune allégeance au système politique et à l’État», la crise de légitimité agace manifestement les nouveaux «maîtres du Sénégal». Pour n’avoir pas laissé transparaître une véritable ouverture, le discours de politique générale du Premier ministre Hadjibou Soumaré ne constitue donc pas un tournant vers une «nouvelle société, plus démocratique, plus relationnelle et interactive». Et ce n’est pas l’annonce, par le Premier ministre, de la définition prochaine «autour du Comité national du dialogue social, considérablement renforcé, [des] contours d’un "Pacte national de stabilité sociale et de croissance économique"» qui règle le problème. M. Soumaré, sur injonction de son patron, claironna le «Pacte social», cher à la Cnts /Fc, proche du pouvoir, plutôt que les «assises nationales» de l‘autre camp. Informer, ce n’est pas débattre. «Dans une démocratie d’opinion, il y a place pour des opinions qui changent et peuvent entrer en délibération».

En encombrant son texte d’un long bilan chiffré - et peut-être même fantaisiste - de sept années de gestion personnelle du pouvoir par le président Wade, M.Soumaré oublie qu’un «programme d’action» doit être précédé d’un diagnostic sans complaisance auquel se greffe l’exposé d’un plan crédible pour la transformation. Cette démarche lui aurait permis de présenter des statistiques parlantes sur les vraies retombées sociales des politiques antérieures à sa nomination à la tête du gouvernement.  Rien qu’en s’en tenant - ainsi que le suggère souvent le professeur d‘économie Makhtar Diouf - «à la nomenclature classique des biens de consommation (alimentation et boissons; habillement et linge; habitation; hygiène et santé; transport; télécommunications; information; culture et loisirs) qu’on trouve dans tous les manuels d’économie politique», le Premier ministre aurait disposé d’autres chiffres sur lesquels peuvent être gagés, dans une optique de redistribution de la richesse disponible, une action sociale. La vraie intention de son chef n’est visiblement pas celle-là.Mais que va donc faire M. Soumaré au cours des prochains mois? Le discours délivre une réponse claire à cette question : «accélérer la croissance».  «(…) Il faudra faire face au premier enjeu, à savoir, favoriser une croissance accélérée et durable, productrice de richesse partagée et d’emplois massifs, dans un contexte de stabilité du cadre macroéconomique et d’approfondissement de la bonne gouvernance», dit le Premier ministre.  De l’avis de l’inventeur de la «Stratégie de croissance accélérée» (Sca), «avec une croissance de 5 ou 6 %, le Sénégal fera encore partie des pays les moins avancés en 2015».  Or la Sca «vise la consolidation d’un taux de croissance de 7 à 8 % (…), la diversification de ses sources par des secteurs à impact social élevé, et l’éradication de la pauvreté». Aucun profane - député ou pas - ne s’opposerait à une telle «évidence». Mais tout se complique aux yeux de celui qui a à l’esprit le «Consensus de Washington» qui accoucha d’une vulgate néo-libérale à laquelle la Sca emprunte tout (la philosophie, les mots, les phrases, la ponctuation et, plus tard, les dérives).

Concocté par des économistes américains et des fonctionnaires du gouvernement des États-Unis, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, le «Consensus» ordonna une discipline budgétaire visant l’élimination des déficits des États qui se conformèrent à ses principes sans même les avoir ratifiés. A l’arrivée, la croissance accrue, la réduction de la pauvreté et la dopage de l’emploi qu’on en attendait ne furent pas au rendez-vous. La surexploitation des ressources naturelles, pour plus de croissance économique, fut particulièrement dommageable à l’environnement. La Sca conforte les principes du «Consensus de Washington» en prétextant un «environnement des affaires de classe internationale», synonyme, entre autres, de libéralisation financière et commerciale, d’ouverture à l’investissement direct, de privatisation, de dérégulation, de corruption et de répression policière en cas de troubles. Conçus pour une économie extravertie, les «grands travaux d’infrastructures» ne s’intègrent, eux, à aucun projet cohérent d’aménagement du territoire.   Pourquoi la Sca tiendrait donc les promesses que le «Consensus» n’a pas tenues? En s’appuyant, pour l’essentiel, sur les «grappes de croissance» que sont l’agriculture et les produits de la mer, la Sca risque bien d’aggraver la faible productivité des sols et le tassement drastique des ressources halieutiques. Une chose au moins est sûre : la Sca , si elle se concrétisait, accélèrerait avant tout l’arrimage du Sénégal à la mondialisation néo-libérale. C’est d’abord de cela dont il s’agit lorsque les groupes de grappe, composés des représentants des ministères, de l’Apix et des représentants des groupements professionnels, se réunissent.L’auteur de La Grande Désillusion , l’économiste et prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, a déjà laissé entendre que ce genre de zèle n’accroît que faiblement la richesse, qui ne peut donc profiter qu’à très peu de gens. Moins qu’une vision, la Sca ressemble un peu trop à une illusion bien connue. Il n’est donc pas étonnant qu’elle soit intégrée au Document de stratégie de réduction (plutôt que d’éradication) de la pauvreté. C’est cela qui explique peut-être aussi la «léthargie» déplorée par le président de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), Mansour Kama.

Avant la fin de l‘année 2007, les députés restés sur leur faim, mais «confiants» - Paradoxe de la Place Soweto - voteront la loi d’orientation relative à la validation, en octobre prochain, à Paris, du Document de stratégie de réduction de la pauvreté (Dsrp). Dans la capitale française, hadjibou Souamré ne fera preuve d’aucune originalité dès lors que les  priorités du Sénégal doivent être approuvées par les conseils de la Banque mondiale et du Fmi. Le changement de cap n’aura donc pas lieu avant très longtemps. Pour plus de démocratie, d’équité, de justice et de bien-être, les Sénégalais ne pourront pas indéfiniment faire l’économie des luttes intellectuelles, culturelles, politiques et sociales grâce auxquelles les bonnes intentions, si elles existent, deviennent conformes à la réalité. C’est seulement dans ces conditions qu’une délibération nationale, sans exclusive, leur rendrait leur souveraineté .

 

 



Par Abdoul Aziz DIOP - Publié dans : Chronique nationale
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L'Auteur

Abdoul Aziz DIOP est diplômé de l’Ecole doctorale régionale africaine (EDRA) de droit et de science politique de l’Université Cheikh Anta DIOP (UCAD) de Dakar. M. DIOP enseigne l’« Analyse de contenu du discours politique » à l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (ISSIC) de Dakar. Il est l’auteur du recueil de chroniques Nous avons choisi la République et de plusieurs dizaines d'articles de journaux parus dans les quotidiens Walfadjri, Le Matin, Sud Quotidien et les hebdomadaires Le Devoir et La Voix.  Son dernier ouvrage, sous presse, s'intitule Le Deal des politiciens : les citoyens face au double jeu.

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